Auteur,  FERRY Stephan,  lectures et chroniques

HISTOIRES D’AMOUR ET AUTRES ATROCITÉS – STEPHAN FERRY

Une étrange et belle découverte…

Une de celles qui prend à la gorge et aux tripes tant le contenu impitoyable vient chercher nos parts d’ombre les plus secrètes et enfouies.

L’amour. Ses histoires, ses joies et ses atrocités.

Inscrites parfois dans une triste réalité.

« Après tout, comment savoir quelles turpitudes peuvent prendre naissance dans un cerveau confit de frustrations, de haine et d’envie ? »

C’est l’interrogation qui m’a suivie tout au long des récits sordides de ce recueil. 

Tout y passe, ou presque, dans ces relations de couple anéanties par la routine, le mensonge, l’ennui; englouties par les remous de l’esprit qui cherche malgré tout toujours une issue de secours.

Tous les coups bas sont permis, pour se débarrasser de l’autre. Celui qui pèse, qui pue, qui boit, qui insulte.

Pour chaque nouvelle, l’issue est sans concession. Le suicide ou le meurtre.

Au terme d’une vie commune plus ou moins longue et/ou heureuse.

Et où il est toujours question de solitude. De la détresse liée à la solitude profonde de chacun.

En tout cas, c’est le sentiment que j’ai eu.

Les différents récits nous font voyager, des sombres forêts à l’intérieur d’un 30m2 hideux, irrespirable tant il nous oppresse comme il oppresse Ursula et Eugène, anéantis par les effluves de l’alcool et du mépris; des bords d’un lac glacé à l’intérieur d’un cimetière où la réalité flirte avec l’absurde…

Autant d’atmosphères sombres, oppressantes, dérangeantes mais toutes à l’image des tréfonds torturés de ces âmes en perdition. 

On aurait presque envie de leur venir en aide, à chacun, et de les sauver.

Au mieux, ils font de la peine; au pire, ils sont pathétiques. Comme irrécupérables.

Le drame humain dans toute sa splendeur.

Mais, comme le frisson ressenti en embrassant du bout du pied une eau glacée, on se retient. 

Et pourtant, malgré l’écriture incisive de l’auteur, sa veine sombre, je me suis marrée… Certains passages sont vraiment loufoques.

Quoique pathétique et tragique, « La poupée » est un moment hilarant, vous verrez…

J’ai toujours considéré comme délicat l’art d’écrire des nouvelles.

Avec ce recueil, je suis comblée par l’habileté avec laquelle Stephan Ferry nous entraîne jusqu’à l’apogée du sordide en quelques paragraphes, avec une chute brutale, tout en mettant en lumière toute l’humanité de chacun des personnages et les raisons de leur désespoir…

Personne n’est épargné. Et personne n’est à l’abri.

Il y a tant de réalisme dans chacune de leur vie que la résilience peut paraître bien dérisoire comme issue.

Je me replongerai volontiers dans chaque récit, afin d’en saisir un peu plus les nuances et d’accepter finalement que certaines situations sont aussi dérangeantes parce qu’elles ne sont que des miroirs…

🖤« L’amour, cette obscure alchimie…[…] ».

À très vite…

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